Kaleidoscope

Cyrano de Bergerac

Posted on: Martes 20 noviembre 2007

En grandissant, mon père me reprochait toujours de trop lire. Oui, oui, je sais, ça en a offusqué plusieurs professeurs d’entendre un parent d’élève dire cela, quant eux faisaient campagne pour que la jeunesse lise plus… (Mes parents sont drôles comme ça).

Ce qui dérangeait mon père, je pense, c’est que je ne lisais pas que de la grande littérature; je lisais vraiment de tout, c’est à dire beaucoup de romans policiers et des romans à l’eau de rose (à vrai dire, je n’ai jamais vraiment arrêté… héhé!).

Aujourd’hui je peux dire avec grand soulagement que c’est vachement chouette de vivre avec une personne qui m’aime telle que je suis et qui me laisse lire ce que je veux… Sauf qu’il grogne quand même un peu quand je veux voir des films romantiques avec lui. On s’est quand même mis d’accord qu’il faut au moins qu’elles finissent bien les histoires, sinon c’est une perte de temps.

Jusqu’à cette fin de semaine.


Nous avons vu un film qui a redéfinit le mot “dramatique” dans notre vocabulaire. Une histoire peut finir “mal” si cette fin a une valeur dramatique supérieure au malheur infligé. Ce film (et la pièce – par Edmond Rostand, car aussitôt le film visualisé, je me suis trouvé une copie gratuite sur le net – Ah que c’est magique!) est à mes yeux un chef d’oeuvre de la langue française, tant pour sa légèreté, sa musicalité (car les rhymes sont musicales!), son humour et sa sérieuseté (bah, je ne sais pas quel mot utiliser!). Bref, voici mon extrait préféré:

LE PAGE (jouant et chantant): La! la!

CYRANO (lui arrachant le theorbe et continuant la phrase musicale): Je peux continuer!. . . La! la! la! la!

Ha! ha! Non, bien sûr, c’était un blague! Lisez plutôt:

CYRANO:
Mon ami, j’ai de mauvaises heures !
De me sentir si laid, parfois, tout seul. . .

LE BRET (vivement, lui prenant la main):
Tu pleures ?

CYRANO:
Ah ! non, cela, jamais ! Non, ce serait trop laid,
Si le long de ce nez une larme coulait !
Je ne laisserai pas, tant que j’en serai maître,
La divine beauté des larmes se commettre
Avec tant de laideur grossière !. . .Vois-tu bien,
Les larmes, il n’est rien de plus sublime, rien,
Et je ne voudrais pas qu’excitant la risée,
Une seule, par moi, fût ridiculisée !. . .

(Acte I, Scène 5)

Et le film! Le jeu des acteurs! (Pour avoir eu notre dose de cours de théatre et d’expression scénique, nous savons combien il est difficile d’exprimer des vers aussi naturellement.)

Je suis admirative, vraiment.

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