Kaleidoscope

Dialogue de sourds

Posted on: Martes 16 mayo 2006

Au boulot, la secrétaire du bureau de Québec a téléphoné et on a discuté allègrement en français. Elle avait été absente pendant plus d’un mois, donc elle avait plein de questions de mise à jour à poser. Après quelques appels et 2 emails, toujours en français, l’une des secrétaires d’ici (qui ne parle pas un seul mot de français) me dit que C. (celle de Québec) et moi devons désormais communiquer en anglais pour que « les autres » qui ne sont pas bilingues puissent comprendre.

Au Canada, les deux langues officielles sont le français et l’anglais, mais bien sûr en pratique ce n’est pas tout le monde qui parle les deux langues. La majorité des francophones vivent au Québec et beaucoup sont très fiers, et bornés, à parler leur propre langue qui est le français-québécois. Beaucoup savent parler l’anglais et l’utilise si ils sont vraiment obligés, au travail par exemple, mais sont très rétissants à l’utiliser si ils sentent que “l’anglais”, lui, devrait apprendre le français!
Du côté anglophone c’est la même histoire, sauf que le pourcentage de bilingues est, à mon avis, beaucoup moins élevé. Je pense que la bouche des anglophones ne s’adapte pas très bien aux langues étrangères (mais c’est pas scientifique, hein, ça c’est mon avis, et puis j’ai quand même déjà rencontré des anglophones épatants et polyglottes aussi !).
Bref, être polyglotte au milieu de ces gens-là ça en boucle le bec à certains, mais ça les dérange aussi puisqu’ils ne savent pas dans quel “camp” me mettre! gnarc, gnarc!

Ma solution ça serait que les idiots arrêtent d’être bornés et qu’ils se fassent un plaisir, des deux côtés, à apprendre la langue « de l’autre ». Le résultat serait une population bilingue, et donc un peu plus ouvert d’esprit. Apprendre une langue n’est pas seulement élargir son horizon linguistique, mais aussi s’ouvrir les yeux à une culture différente, une autre façon de penser, de vivre, ça aide à relativiser et prendre du recul par rapport à sa propre façon de voir les choses.

Je déteste entendre dire : « If they want to work in Canada, they’d better learn how to speak English correctly » (Si ils veulent travailler au Canada, ils ont intérêt à apprendre à parler l’anglais comme il faut –Un anglophone parlant des Québécois).
Ou :
« Si elle est pas capab’ de comprendre le françâ, va-t-en chez vous » (Une Québécoise parlant d’une touriste latino-américaine).
Ces deux exemples je les ai entendus de mes propres oreilles, et à chaque fois j’avais envie de traiter la personne d’imbécile, même si ça ne s’adressait pas à moi…

Quelque chose qui me révolte se sont les ignorants qui jugent ce qu’ils ne connaissent ou ne comprennent pas.

2 comentarios to "Dialogue de sourds"

Excellente idée, de faire un blog multilingue !!! surtout à notre époque de crispations…A suivre !!!🙂

Benoit: Merci d’être passé par là! Je vais essayer de structurer le polyglotage (hé hé) et de bien utiliser mes “catégories”…

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